Le Carême, c’est quoi?

        Introduction

Avec la célébration de ce mercredi 10 février, mercredi des cendres, les chrétiens catholiques du monde entier rentrent dans l’un des  temps fort du calendrier liturgique chrétien romain, le carême. Le carême qui dure quarante jours, est  un temps de conversion et de pénitence et  prépare à la passion-mort et résurrection du Christ.

        1.  Historique du carême

Du latin quadragesima dies, qui signifie quarantième jour, le carême est une période de 40 jours réservée à la préparation de la pâque. Dans l’Eglise primitive, c’était le temps ultime de préparation au baptême pour les catéchumènes qui devaient le recevoir dans la nuit de Pâques. Mais dès le IVe siècle, se manifeste la tendance à en faire un temps de pénitence et de renouvellement pour toute l’Eglise avec la pratique du jeûne (abstention de certains aliments, surtout la viande le vendredi). Mais avec le temps la pratique a été allégée, pour se réduire à des exigences minimales : invitation au jeûne le mercredi des cendres et le vendredi saint, et l’abstinence des viandes le vendredi du carême. L’origine de la cendre quant à elle dans l’Eglise remonte au Xe siècle40-jours-disciple-600

  2.   Pourquoi le carême commence  le Mercredi des cendres ?

Jusqu’au VIIe siècle, le carême débutait le dimanche de la quadragésime, le 40e jour. Mais en réalité quand on compte, c’était plutôt le 42e jour. En plus, en tenant compte des dimanches, pendant lesquels le jeûne était interrompu, le nombre de jours de carême effectif jusqu’à Pâques se trouvait inférieur à 40. Ainsi pour rester fidèle au chiffre 40, symbolique dans la bible (40 ans de traversée du désert par les hébreux, 40 jours de jeûne du Christ dans le désert…), on avança le début du carême au mercredi précédent le dimanche de la quadragésime : le mercredi des cendres. Mais quelle est la signification des cendres ?

       3.   La signification de la cendre

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Marqués du cendre, les chrétiens sont appelés à la conversion

Dans la bible, surtout l’Ancien testament, la cendre est la représentation à la fois du péché et de la fragilité de l’homme (Sagesse 15,10 ; Ezéchiel28, 18 ; Malachie3, 21).Se couvrir des cendres c’est exhaler sa douleur au sein de l’épreuve, mais c’est aussi manifester sa conscience et son regret du péché (Judith4, 11-15 ; Ezéchiel27, 30), signifier son espérance dans la miséricorde de Dieu. C’est pourquoi au cours de la célébration des cendres, le front des membres du clergé et des fidèles est marqué d’un peu de cendres ; en même temps le célébrant leur rappelle « qu’ils ne sont que poussières » et doivent s’employer à trouver Dieu par la conversion. Ainsi est souligné le sens de la période de carême qui s’ouvre tout entière orientée vers l’esprit de pénitence ; c’est-à-dire de retour sur soi et de conversion. Comment  peut-il manifester ce désir de conversion, de pénitence durant ce temps ?

       4.   Les manifestations de la pénitence pendant le temps de carême        

Le carême est  le temps  favorable que nous propose l’Eglise pour vivre la pénitence. La pénitence  est définie en effet comme une conversion, (du grec métanioa, littéralement changement d’esprit) du pécheur. Elle désigne donc tout un ensemble d’actes intérieurs et extérieurs en vue de la réparation du péché commis, et l’état de fait qui en résulte pour le pécheur.  Pour ce fait, elle exige donc de nous des manifestations extérieures qui témoignent de notre intériorité. Dans l’Eglise trois formes classiques des manifestations de la pénitence sont requises. Ce sont les principales bonnes œuvres qui, selon la tradition juive, rendent l’homme juste devant Dieu. Il s’agit du jeûne, de l’aumône et de la prière.carc3aame2

                 A.  Le jeûne 

Littéralement, le jeûne veut dire se priver de l’aliment pour un temps. Mais dans l’Eglise, images_7il signifie encore plus. Il s’agit de se priver des choses qui nous sont chères pour les partager avec les autres, il s’agit aussi de poser des actes de charité, pratiquer la justice (cf. Is58, 4-7)…Mais tout ceci doit se faire dans le plus grand secret pour n’être connu que de Dieu notre Père (Mt6,18).Ce n’est qu’ainsi que nous pourrions atteindre le but pour lequel nous avons jeûné, c’est-à-dire nous approcher de Dieu, recevoir de lui sa bénédiction et sa grâce (cf. Mt6,18 ;Is58,11). Le jeûne est obligatoire dans l’Eglise le mercredi des cendres et le vendredi saint.

               B.  L’aumône 

L’aumône consiste à faire des actes de charité envers ceux qui souffrent. Ces actes Jesus gives the bread to a beggar.peuvent consister par exemple à donner à manger aux affamés, donner de l’eau à celui qui a soif, vêtir celui qui est nu, accueillir chez soi l’étranger, visiter les prisonniers et les malades… Car à chaque fois que nous faisons cela à l’un de ces plus petits, c’est au Seigneur que nous le faisons

(cf. Mt25, 31-46). Ceci aussi dans le plus grand secret pour n’être connu de Dieu seul qui nous le rendra (Mt6, 4).

             C.  La prière 

L’Eglise nous invite pendant le temps de carême à renforcer notre relation avec Dieu. priereNous devons donc dédier plus de temps durant ce temps  fort à la prière et à l’écoute de la Parole. Nous pourrons ainsi par exemple dédier par jour  trente minutes de méditation sur un texte biblique (il est plus recommandé l’évangile du jour), participer régulièrement aux messes du dimanche et de la semaine, réciter le chapelet et bien d’autres actes de piété. Car ce n’est que par la prière et par ce contact quotidien avec la Parole de Dieu que nous trouverons la force pour jeûner et faire l’aumône saintement sans tomber dans la tentation de l’orgueil.

En analysant en profondeur ces trois piliers du temps de carême, nous voyons que la vraie pénitence qui  est demandée durant ce temps de carême est l’amour de Dieu et celui du prochain, autrement dit ne pas séparer la foi et la charité. Le pape émérite Benoît XVI écrivait dans le message pour le carême 2013, n°3 «nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer, foi et charité. Ces deux vertus théologales sont intimement liées et il est erroné de voir entre celles-ci une opposition. En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais de l’autre, il est  aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l’activisme moraliste ».

Le carême de cette année a une connotation spéciale. Il se déroule dans le jubilé

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logo du Jubilé extraordinaire de la miséricorde

extraordinaire de la miséricorde décrété par le pape François. En cette Année sainte, le  Pape  souhaite que ce temps de pénitence soit vécu de manière «plus intense» pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu, notamment à travers les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde. Le Saint-Père invite à ne «pas laisser passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion». Vivement que tous les chrétiens puissent tirer profit de ce temps pour se rapprocher de Dieu et du prochain.

 

 

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3 comentários em “Le Carême, c’est quoi?

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